Le village \ Historique \

Les premiers pas de l'homme, dans la commune d'AIGUES-VIVES, remonteraient à l'époque du MOUSTÉRIEN"paléolithique-moyen ". En effet, Paul Ambert signale avoir trouvé de façon sporadique, une dizaine d'éclats de quartzite, isolés les uns par rapport aux autres. Ceux-ci ont la couleur gris-verte des grès quartzites, dit de Barroubio. En première analyse, il est logique d'attribuer ces pièces à une industrie moustérienne.

Le néolithique: bien représenté par plusieurs haches, qui ont étaient découvertes en surface et pour une d'entre elles, lors d'un labour en profondeur. La présence de plusieurs drailles ont été repérées dans la commune. Une station du néolithique final ou chalcolithique fut découverte avec un mobilier recueilli en surface, se composant de grattoirs épais et de lames de pointe de flèches, etc... Une cabane de la même époque reconnue par le professeur Jean Guilaine se trouve sur la commune. On signale la présence de plusieurs stations "pyrénaïques ", bronze ancien " 2600 ". Le bronze final "1800-700" fut repéré dans diverses grottes des Balmes, au hameau de Cailhol, ainsi que sur le Pech St Vincent dont l'habitat fut continué jusqu'à l'époque romaine et même certaines traces d'une chapelle de l'époque dite wisigothique.

Hache néolithique
Fragment de poterie romaine représentant la louve et Romulus & Remus.

Le gallo romain: le village d'Aigues-Vives se trouve au carrefour de plusieurs voies dites romaines. On notera la présence aussi d'habitat dont un plus particulier, puisque sur les lieux, nous avons trouvé un morceau de stèle funéraire qui nous permet de penser à l'appartenance d'Aigues-Vives à la Narbonnaise. En effet, en 1980, furent mis à jour trois fragments jointifs de la même plaque inscrite qui en formaient la partie inférieure gauche. Ce support épigraphique était en marbre clair et le champ était bordé à gauche et en bas d'une moulure régulière. Sur ce matériau, la gravure des lettres d'excellente qualité conservait toute sa netteté aux trois dernières lignes. Avec l'inscription d'Aigues-Vives provenant du territoire de la colonie, nous avons un témoignage précieux sur l'influence de la ville de Narbonne sur son proche horizon rural. De plus, nous devrions dater ce témoignage, soit de l'époque augustinienne, soit de la première moitié du 1er siècle après J-C, puisque c'est l'arc temporel, le long duquel se répartissent la quasi totalité des documents comparables.

La présence wisigothique: cette époque est surtout présente par la construction de quelques édifices religieux qui pour la plupart, se situent sur d'anciens lieux de cultes païens gallo-romain: St Vincent, St Félix, St Martin, etc.

D'après le petit dictionnaire géographique et historique du diocèse de Montpellier de 1880, l'origine étymologique d'Aigues-Vives est Agua-Viva, Aigues-Vives le Roy avec pour patron Saint Étienne. Le bourg d'Aigues-Vives succède à une ville romaine. En 782, Aigues-Vives est citée comme " Villa du Comte Milon" de Narbonne. Le testament de la Comtesse Adélaïde la mentionne en 977. Au cours de siècles suivants, le castelum d'Agua-Viva apparaît dans différentes chartes. La première mention attestée d'Aigues-Vives date de 1174, où Pons Roger, seigneur d'Aigues-Vives, signe en tant que témoin dans des actes passés par le vicomte de Béziers et auquel il porte serment et fidélité en 1191.
Le seigneur d'Aigues-Vives se range au côté du seigneur de Minerve lors du siège de Minerve par Simon de Monfort et lors de la croisade des Albigeois, il est déclaré (Fadit) hérétique, privé de ses biens en 1210 après le siège de Minerve à l'instar des seigneurs de la région. C'est à cette date que, devenu possession royale, le bourg prend l'appellation d'Aigues-Vives le Roy et ce jusqu'à la révolution.

Intérieur de l'église.
L'église et la mairie.

En 1355, le fils du Roi d'Angleterre, le prince Édouard, débarque à Bordeaux avec une armée importante. Il saccage la vallée de la Garonne et porte la désolation dans tout le Minervois. Au retour, il fallait se venger des échecs de Narbonne et de Béziers. Les églises d'Agel et d'Aigues-Vives furent brûlées avec les faubourgs qui s'étaient élevés autour d'elles. L'église d'Aigues-Vives subsista avec des réparations de fortune, jusqu'aux grands remaniements de 1596, mais son caractère architectonique fut dès ce moment-là anéanti.

Agua-Viva del Rey ne fut longtemps dépendante que du Roi de France, dont elle prit le nom. Elle connut de bonne heure la liberté civile. Ce n'est qu'en 1614, que Louis XIII confirmera pour les consuls, l'autorisation d'imposer annuellement cinquante livres pour acheter l'écarlate de leurs chaperons rouges. Mais les lettres patentes du Roi rappellent à cette occasion, la faculté que la communauté a eue de nommer tous les ans au 25 avril, jour de la fête de St Roch, trois consuls qui prêtent serment devant les anciens consuls. L'histoire d'Aigues-Vives a été riche d'événement. Son histoire fut souvent confondue avec d'une part celle des religions qui ont parfois débouchées sur des guerres et d'autre part sur l'autorité royale. Un village, c'est une histoire, mais c'est aussi un ensemble d'éléments qui permettent au bourg d'exister et de se développer. Il convient donc de s'intéresser à l'historique d'Aigues-Vives.


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